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The Green Inferno

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Samedi 27/08/2016
De quoi rester sur notre faim

À peine un mois après Knock Knock sortait en France, durant l’année 2015, un autre film d’Eli Roth, à savoir The Green Inferno. Mais attention à ne pas s’y méprendre, ce long-métrage date en vérité de 2013. Et durant tout ce temps, il est passé par divers festivals et avant-premières tout en cherchant désespérément un distributeur (qu’il trouvera en la personne de Jason Blum) pour finalement sortir aux États-Unis deux ans après sa conception. Et en format e-cinema chez nous, qui plus est ! Un véritable parcours du combattant pour un long-métrage qui voulait remettre sur le devant de la scène horrifique le cannibal movie, tout en y apportant une forte consonance écologique et sociale. « Tout cela… pour ça ? », telle sera votre réaction après le visionnage de ce The Green Inferno. De la part du cinéaste, il ne fallait s’attendre à rien d’autre que de la torture. Il suffit de se rappeler de sa filmographie pour voir que cette thématique anime ses quelques projets : Cabin Fever où l’on y voit une bande de potes en proie à un virus dévorant leur chair, la franchise Hostel où des gens sont capturés pour servir de défouloirs à des bourreaux amateurs, et Knock Knock dans lequel ce cher Keanu Reeves se faisait maltraiter par deux jeunes allumeuses. Dans The Green Inferno, il est plutôt question d’une bande d’écolos qui, partie pour défendre sa cause sur le terrain, va se retrouver malmenée par une tribu cannibale. Autant dire qu’en connaissant le bonhomme, nous savions à quoi nous attendre ! Même à avoir un film qui ne soit pas des plus folichons… Pourtant, il y avait matière à faire avec The Green Inferno, d’autant plus qu’Eli Roth, avec Hostel, est connu pour n’avoir aucun tabou, aucune censure pour le gore et la violence extrême. De la part d’un tel réalisateur se lançant dans le cannibal movie, s’inspirant d’œuvres cultes comme Cannibal Holocaust, le résultat pouvait détonner. Malheureusement, le film va en décevoir plus d’un. Notamment à cause de son rythme, bien trop lent. En effet, The Green Inferno met sans exagération quarante bonnes minutes avant que les choses ne dégénèrent. Prenant pour le coup excessivement son temps afin de planter un décor jamais mis en valeur (la forêt péruvienne) et de présenter des personnages dont on se fiche royalement tant ils sont anecdotiques et très mal interprétés (les comédiens sont véritablement en roue libre). Et une fois que les choses démarrent enfin, ben… c’est la douche froide ! Tout ce qui touche le cannibalisme dérange quoiqu’il arrive, et certaines séquences de The Green Inferno en choqueront plus d’un. Mais le problème vient de là : on parle de CERTAINES séquences. Malgré son sujet et sa prétention, le film se montre avare en scènes marquantes, nous livrant juste deux quidams dévoré vivants (l’un d’eux n’étant vraiment montré, en plus de cela), un gars servant d’amuse-bouche à des fourmis sans que cela soit trash ou encore un fond de bol évocateur. Les effets spéciaux sont d’assez bonne facture mais jamais mis en avant comme il le faudrait (juste pour la mort du personnage joué par Aaron Burns), nous laissant, sans mauvais jeu de mot, sur notre faim. Plongeant le long-métrage dans l’ennui et la sobriété. Et le scénario n’aide en rien ce film qui, visuellement, a de la gueule, il faut bien l’admettre (avec le jeu des couleurs dû au vert de la végétation, le rouge du maquillage des cannibales, l’ocre de la chaman…). The Green Inferno sombre dans la débilité la plus profonde d’entrée de jeu, en suivant les aventures d’une étudiante partant avec de parfaits inconnus au Pérou pour une mission écologiste qui va s’avérer inutilement dangereuse (s’enchaîner à des arbres et filmer ce qu’ils doivent dénoncer, face à des mercenaires armés jusqu’aux dents). Et va perdurer ainsi jusqu’à son générique de fin, en passant par des conneries d’écriture monstrueuses venant faire perdre tout impact et crédibilité à l’ensemble : un mec décapité de manière grotesque à cause d’une hélice toujours en marche, un autre tentant de sauver son amie alors qu’elle est morte d’emblée (le cou empalé par une flèche aussi grosse qu’un pain). Sans oublier une histoire de diarrhée soudaine et une autre, de masturbation (parce que, soit disant, cela fait baisser le stress et la tension) pour arriver à un dénouement ridicule durant lequel la survivante, malgré son vécu, va « protéger » cette tribu. Par là, je veux dire que le film, dès le début, se veut écolo en montrant la déforestation et ses conséquences sur les indigènes locaux. Mais en montrant ces derniers comme de parfaits monstres, c’est l’effet inverse qui se produit, le spectateur voulant que cette tribu soit découverte et éradiquée (c’est immonde de parler comme ça mais c’est l’impression qui s’en dégage). Et vu les déclarations de l’héroïne à la fin… un scénario ridicule en total contradiction avec ce qu’il veut raconter et divulguer ! Pas étonnant que le film ait eu du mal à trouver un distributeur quand on voit à quoi il ressemble ! The Green Inferno déçoit par son écriture à ras les pâquerettes et son côté divertissement horrifique qui peine à s’assumer pleinement. On peut en ressortir choqué par certains passages, mais certainement pas retourné comme cela aurait dû être le cas, surtout avec une interdiction aux moins de 16 ans. Autant se repencher sur des films tels que les suites de Saw, car même là, le divertissement était quelque part assuré.
 
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