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LA FICHE DE avatar16

Instinct de survie

Dimanche 28/08/2016
Ni plus ni moins q'un blockbuster estival

On pensait que pour sa nouvelle réalisation, l’Espagnol Jaume Collet-Serra ferait de nouveau appel à Liam Neeson. Et pour cause, le papa d’Esther nous avait habitué à enchaîner les thrillers d’action avec la star de la trilogie Taken, l’ayant fait tourner dans trois films consécutifs (Sans identité, Non-stop, Night Run). Mais non, cette fois-ci, le cinéaste le délaisse (enfin) et se lance dans la conception d’un blockbuster idéal pour l’été : un survivor avec un requin comme antagoniste. Quand on connait le bonhomme et sa manière de filmer, on peut d’emblée se dire que le résultat peut s’avérer de bonne facture, pouvant trouver un divertissement à la botte de l’indétrônable Les Dents de la Mer. Après visionnage, on est heureux de dire que nous avons-là le meilleur film de genre depuis longtemps, surpassant Peur Bleue et les innommables navets des studios Asylum. Mais ne nous voilons pas la face : on est encore très, très loin de Spielberg et du titre d’excellent entertainment du moment… Instinct de Survie (The Shallows en VO) peut heureusement se vanter d’avoir bien des qualités. À commencer par ses effets spéciaux. Si le cadavre de la baleine (oui, on à ça dans le film) peut faire un peu plastoc à l’œil nu et que certains fonds verts sont visibles, il n’y a franchement rien à dire en ce qui concerne le requin. Rarement un squale fictif, ici réalisé entièrement par ordinateur, était apparu aussi crédible dans son visuel. L’animal impose sa présence à chacune de ses apparitions, renforce la tension dès qu’il sort l’aileron de l’eau… bref, on y croit énormément ! Sur ce coup, les bousasses pixelisées de Peur Bleue et le robot incontrôlable des Dents de la Mer peuvent aller se rhabiller ! Et rien que pour cela, Instinct de Survie mérite qu’on le regarde. Autre atout du film : son réalisateur. Il l’avait démontré avec Esther en instaurant une ambiance pesante, l’avait prouvé avec ses thrillers d’action superbement menés et énergiques : Jaume Collet-Serra sait manier une caméra et a le sens du montage. Avec Instinct de Survie, il le prouve encore une fois via des séquences plutôt tendues et rondement menées, ne tombant jamais dans la facilité pure et dure (par là, il faut entendre l’utilisation abusive de jump scares ou alors d’être gore à outrance). Le film montre ce qu’il faut sans en faire trop, sait titiller notre palpitant lors du visionnage… Sans compter qu’il a du talent pour diriger ses comédiens. Il suffit de voir Blake Lively, à fond dans son rôle, totalement investie et délicieuse à souhait. Mais il faut bien avouer qu’avec Instinct de Survie, Jaume Collet-Serra s’est tout de même perdu dans l’excès et le côté hollywoodien de son film. Car si tout ce qui entoure le requin assure le spectacle, le reste ne tient pas grandement la route. Surtout les séquences de surf durant la première partie du long-métrage, énervantes au possible. Ces dernières donnent l’impression de ne pas être filmées par le même réalisateur, semblant provenir d’une publicité pour adolescents. Accumulant pour le coup ralentis dégueulasses, musique techno répétitive, longueurs inutiles, images façon cartes postales… en passant, bien évidemment, par des plans sensualisant Blake Lively. Oui, l’actrice est très belle et c’est un plaisir de l’admirer sous son plus simple appareil. Mais il n’y avait franchement pas besoin d’insister autant sur ses fesses, sa poitrine, son décolleté et autres atouts physiques. Et n’oublions pas les incrustations d’écran (ceux des portables et autres SMS sur l’action même) qui, si cela fonctionnait bien pour Non-stop, parasitent totalement l’image ici, le public ne sachant quoi regarder sur l’instant. Avec une mise en scène aussi appuyée et parfois vulgaire pour le coup, Collet-Serra surprend dans le mauvais sens, lui qui pour le moment ne s’était pas encore laisser aller à autant de débauches techniques. Et, vous l’aurez deviné, le scénario n’est pas des plus fameux. Bien évidemment, ce n’est pas le point le plus important à relever dans ce genre de film. D’autant plus qu’avec Instinct de Survie, Collet-Serra et son scénariste Anthony Jaswinski ont voulu faire un effort en creusant un peu le personnage joué par Blake Lively tout en ne mettant pas de côté un aspect spectaculaire pour le divertissement. Comme par exemple l’importance de cette expérience de survie pour l’évolution du protagoniste. Mais bon, face à certaines scènes, il est plutôt difficile de ne pas rire devant des situations invraisemblables au possible. Comme le coup du chronomètre, le passage des méduses, « l’amitié » avec la mouette, le comportement du requin ou même sa mort. Et tout cela pour arriver à un happy end tout aussi prévisible que le reste du film. Ni vraiment bon ni vraiment mauvais, Instinct de Survie est un divertissement qui fait passer le temps avec ce qu’il faut en poche pour amuser la galerie si l’on n’est pas regardant. Mais il faut bien le dire : Jaume Collet-Serra a réalisé bien mieux que ce blockbuster estival, qui ne se foule pas vraiment, se contentant de son requin et de la beauté plastique de sa tête d’affiche pour véritablement séduire. Dans un sens, ça marche… à défaut d’être suffisant.

The Green Inferno

Samedi 27/08/2016
De quoi rester sur notre faim

À peine un mois après Knock Knock sortait en France, durant l’année 2015, un autre film d’Eli Roth, à savoir The Green Inferno. Mais attention à ne pas s’y méprendre, ce long-métrage date en vérité de 2013. Et durant tout ce temps, il est passé par divers festivals et avant-premières tout en cherchant désespérément un distributeur (qu’il trouvera en la personne de Jason Blum) pour finalement sortir aux États-Unis deux ans après sa conception. Et en format e-cinema chez nous, qui plus est ! Un véritable parcours du combattant pour un long-métrage qui voulait remettre sur le devant de la scène horrifique le cannibal movie, tout en y apportant une forte consonance écologique et sociale. « Tout cela… pour ça ? », telle sera votre réaction après le visionnage de ce The Green Inferno. De la part du cinéaste, il ne fallait s’attendre à rien d’autre que de la torture. Il suffit de se rappeler de sa filmographie pour voir que cette thématique anime ses quelques projets : Cabin Fever où l’on y voit une bande de potes en proie à un virus dévorant leur chair, la franchise Hostel où des gens sont capturés pour servir de défouloirs à des bourreaux amateurs, et Knock Knock dans lequel ce cher Keanu Reeves se faisait maltraiter par deux jeunes allumeuses. Dans The Green Inferno, il est plutôt question d’une bande d’écolos qui, partie pour défendre sa cause sur le terrain, va se retrouver malmenée par une tribu cannibale. Autant dire qu’en connaissant le bonhomme, nous savions à quoi nous attendre ! Même à avoir un film qui ne soit pas des plus folichons… Pourtant, il y avait matière à faire avec The Green Inferno, d’autant plus qu’Eli Roth, avec Hostel, est connu pour n’avoir aucun tabou, aucune censure pour le gore et la violence extrême. De la part d’un tel réalisateur se lançant dans le cannibal movie, s’inspirant d’œuvres cultes comme Cannibal Holocaust, le résultat pouvait détonner. Malheureusement, le film va en décevoir plus d’un. Notamment à cause de son rythme, bien trop lent. En effet, The Green Inferno met sans exagération quarante bonnes minutes avant que les choses ne dégénèrent. Prenant pour le coup excessivement son temps afin de planter un décor jamais mis en valeur (la forêt péruvienne) et de présenter des personnages dont on se fiche royalement tant ils sont anecdotiques et très mal interprétés (les comédiens sont véritablement en roue libre). Et une fois que les choses démarrent enfin, ben… c’est la douche froide ! Tout ce qui touche le cannibalisme dérange quoiqu’il arrive, et certaines séquences de The Green Inferno en choqueront plus d’un. Mais le problème vient de là : on parle de CERTAINES séquences. Malgré son sujet et sa prétention, le film se montre avare en scènes marquantes, nous livrant juste deux quidams dévoré vivants (l’un d’eux n’étant vraiment montré, en plus de cela), un gars servant d’amuse-bouche à des fourmis sans que cela soit trash ou encore un fond de bol évocateur. Les effets spéciaux sont d’assez bonne facture mais jamais mis en avant comme il le faudrait (juste pour la mort du personnage joué par Aaron Burns), nous laissant, sans mauvais jeu de mot, sur notre faim. Plongeant le long-métrage dans l’ennui et la sobriété. Et le scénario n’aide en rien ce film qui, visuellement, a de la gueule, il faut bien l’admettre (avec le jeu des couleurs dû au vert de la végétation, le rouge du maquillage des cannibales, l’ocre de la chaman…). The Green Inferno sombre dans la débilité la plus profonde d’entrée de jeu, en suivant les aventures d’une étudiante partant avec de parfaits inconnus au Pérou pour une mission écologiste qui va s’avérer inutilement dangereuse (s’enchaîner à des arbres et filmer ce qu’ils doivent dénoncer, face à des mercenaires armés jusqu’aux dents). Et va perdurer ainsi jusqu’à son générique de fin, en passant par des conneries d’écriture monstrueuses venant faire perdre tout impact et crédibilité à l’ensemble : un mec décapité de manière grotesque à cause d’une hélice toujours en marche, un autre tentant de sauver son amie alors qu’elle est morte d’emblée (le cou empalé par une flèche aussi grosse qu’un pain). Sans oublier une histoire de diarrhée soudaine et une autre, de masturbation (parce que, soit disant, cela fait baisser le stress et la tension) pour arriver à un dénouement ridicule durant lequel la survivante, malgré son vécu, va « protéger » cette tribu. Par là, je veux dire que le film, dès le début, se veut écolo en montrant la déforestation et ses conséquences sur les indigènes locaux. Mais en montrant ces derniers comme de parfaits monstres, c’est l’effet inverse qui se produit, le spectateur voulant que cette tribu soit découverte et éradiquée (c’est immonde de parler comme ça mais c’est l’impression qui s’en dégage). Et vu les déclarations de l’héroïne à la fin… un scénario ridicule en total contradiction avec ce qu’il veut raconter et divulguer ! Pas étonnant que le film ait eu du mal à trouver un distributeur quand on voit à quoi il ressemble ! The Green Inferno déçoit par son écriture à ras les pâquerettes et son côté divertissement horrifique qui peine à s’assumer pleinement. On peut en ressortir choqué par certains passages, mais certainement pas retourné comme cela aurait dû être le cas, surtout avec une interdiction aux moins de 16 ans. Autant se repencher sur des films tels que les suites de Saw, car même là, le divertissement était quelque part assuré.

Devil

Samedi 27/08/2016
Même hors réalisation, Shyamalan poursuivait sa de

Alors que ce cher M. Night Shyamalan continuait à l’époque sa déchéance (bien avant qu’il ne revienne en 2015 avec The Visit), le cinéaste voulait se lancer dans un projet cinématographique. Celui d’établir une trilogie intitulée The Night Chronicles, dont le but était d’écrire des longs-métrages et d’en laisser la réalisation à de jeunes metteurs en scène qu’il jugeait prometteurs. C’est dans cette optique qu’est donc né Devil, premier opus de cette franchise qui, aujourd’hui, n’a toujours pas eu droit à de second film. Qu’à-t-il bien pu se passer pour que Shyamalan ait pu mettre de côté son ambition pour finalement se concentrer sur ses propres réalisations (en ce moment, il enchaîne les tournages) ? C’est ce que nous allons voir en nous plongeant dans l’analyse de Devil. Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce long-métrage (et à juste titre, vu qu’il s’est montré plus que discret lors de sa sortie), dites-vous qu’il s’agit d’une sorte de Dix Petits Nègres à la sauce Shyamalan. Autrement dit un thriller en huis clos (ici, le décor est un ascenseur) dans lequel hommes et femmes, bloqués, vont devoir trouver l’identité de celui qui les élimine un par un. Le tout plongé dans du paranormal pleinement assumé (il s’y passe des phénomènes étranges et on parle carrément du Diable en personne). Voilà ce qu’est Devil, un film à suspense sur le papier divertissant (il faut bien avouer que l’idée de base peut séduire) mais qui se plante avec lourdeur sur bien des points. Le scénario en prend déjà pour son grade. Si les fondements de Devil se révèlent plutôt sympathiques, l’ensemble ne tient nullement la route. La faute principalement à des clichés en rafale mille fois vues dans ce genre de film qui gâchent grandement le suspense (on sait d’emblée qui va mourir, comment la situation va se dérouler…). Faisant ainsi perdre toute crédibilité à l’ensemble et surtout aux protagonistes, auxquels on n’y croit pas une seule seconde (pour leur histoire respective, leur présence dans l’ascenseur, leurs réactions…), même si ce n’est clairement pas le but recherché. En même temps, nous sommes face à la plume de Shyamalan, qui a l’habitude d’écrire des intrigues tortueuses dans lesquelles les métaphores et le surfait sont rois. Mais si ça marchait pour la plupart des ses propres films (du Sixième Sens jusqu’au Village), ici, c’est juste grotesque. Il suffit de voir l’introduction de Devil, une scène de crime et une analyse policière des plus absurdes (le coup de « il a été balancé de haut parce que ci… la camionnette n’étais pas là à la base parce que ça… »). Ou encore cet employé de la surveillance qui nous sort ses peurs sur le Diable car il fallait un personnage de ce style dans le récit. Tellement ridicule que l’on se sent que trop rarement investi par le malheur du groupe enfermé dans l’ascenseur. Et que le fameux retournement de situation final (dont je tairai tout de même le contenu) voit son impact réduit au plus bas. Le casting du long-métrage n’aide pas vraiment non plus. Si l’on peut trouver quelques comédiens qui s’en sortent avec le minimum syndical (Logan Marshall-Green, Matt Craven), les autres cabotinent un maximum. Encore une fois, c’est propre au cinéma de Shyamalan… et on sait que cela ne fonctionne pas toujours. Avec Devil, c’est la débâcle ! Tous nous servent un surplus de n’importe quoi dans leur jeu, et cela en est bien souvent gênant. Chris Messina nous livre une sorte de Constantine version Keanu Reeves de bas étage. Jenny O’Hara semble perdue parmi ses camarades. Bojana Novakovic en fait des tonnes (et ce même si elle est présentée comme une menteuse). Geoffrey Arend est absent. Jacob Vargas nous gonfle avec ses déblatérations sur le Diable. Et surtout Bokeem Woodbine, qui mériterait franchement des claques pour être autant à côté de la plaque à chacune de ses apparitions. Enfin, venons-en à la réalisation de John Erick Dowdle ! Si Shyamalan avait pu déceler du potentiel chez son poulain qui se confirmera question efficacité dans ses futurs films (Catacombes, No Escape), il est avec Devil, comme pour le reste du projet, à fond dans le surfait. Vous aurez donc droit à une mise en scène tellement appuyée (gros plans évocateurs, musiques montées de manière exagérées, photographie grossière…) que le tout peut vous faire rire malgré lui… ou bien pitié, c’est vraiment au choix ! Il suffit de voir l’une des dernières scènes, lorsque le Diable se dévoile enfin, pour se rendre compte de la bêtise de ce film, c’est pour dire ! D’autant plus que dans ce long-métrage, l’ambiance n’est pas des plus maîtrisées, à cause des compositions musicales de Fernando Velázquez trop présentes et des jeux de lumière mal réalisés (il arrive que par moment, le film soit pleinement plongé dans le noir pour rien), au point d’être tout aussi ridicule que le reste. Et c’est vraiment dommage car vu le script initial et sa courte durée pourtant adéquate, il y avait vraiment matière à livrer un thriller de bonne facture. Mais non, Devil est un ratage complet, qui peine à captiver notre attention. Si vous restez pendant le visionnage, c’est vraiment par curiosité, afin de connaître le fin mot de l’histoire et rien d’autre. Un film qui se présente donc comme une sérieuse perte de temps et qui, à l’époque, ne donnait aucun espoir sur le retour de Shyamalan, même en tant que producteur/scénariste. Heureusement, on sait aujourd’hui que le bonhomme s’est rattrapé et qu’il semble poursuivre sur cette lancée. Et personnellement, avec sa résurrection, j’espère qu’il va reprendre en mains ce projet de trilogie parce que ce dernier peut s’avérer assez prometteur s’il est bien fait. Surtout qu’en ce moment, c’est la mode de devoir faire des univers cinématographiques. J.J. Abrams a déjà commencé (Cloverfield, 10 Cloverfield Lane), pourquoi pas Shyamalan ?

La Fiancée de Chucky

Mercredi 24/08/2016
Du renouveau auquel j'ai du mal à adhérer

Quand on fait un critique, il est parfois difficile d’être pleinement objectif. Surtout quand votre avis diffère totalement de celui des autres. On perd en crédibilité et on s’attire bien des foudres sur soi. Je pense déjà que c’est mon cas quand je donne de bonnes notes à chaque volet de la saga Transformers. Ou encore quand je descends un film comme 300. Avec ce film de Ronny Yu, je me retrouve à nouveau dans cette situation. Mais c’est cela le jeu : j’assume mes idées, mes pensées et j’explique pourquoi un film comme La Fiancée de Chucky, l’un des opus préférés de la franchise, ne m’a pas autant diverti que les trois précédents (La Poupée de Sang et Chucky 3 étant pourtant notés faiblement). Mais il faut bien avouer que ce film possède bien des atouts. À commencer par le renouveau qu’il apporte dans la saga. Et pour cause, La Fiancée de Chucky, bien que reprenant l’origin story de la poupée tueuse, fait l’impasse sur ce qui s’est passé jusque-là. Comme si rien n’avait existé, pour emmener la franchise dans une toute autre direction. Ce qui se passe exactement ici, le long-métrage laissant tomber toute notion de film d’horreur (dans le sens tension et angoisse) pour s’adonner à la comédie noire. Plus rien n’est donc pris au sérieux. Tout est volontairement surfait, que ce soit les situations hautement invraisemblables, le jeu des acteurs, la débilité de l’ensemble, l’ambiance décontractée au possible (aussi bien sur le plan musical que de la vulgarité facile). Le tout en balançant des références à gogo au genre, jusque dans sa promotion (le titre faisant penser à La Fiancée de Frankenstein, l’affiche inspirée de celle de Scream 2…), ainsi que quelques remarques cinglantes sur le système hollywoodien de temps en temps (notamment en ce qui concerne les suites). C’est purement rafraîchissant, évitant à la franchise de faire du surplace comme elle semblait le faire depuis Chucky 3. Surtout que cela n’enlève en rien les nombreux atouts techniques que la franchise nous a apporté jusque-là. Que ce soit les effets spéciaux des différents crimes, bien plus « originaux » et percutants qu’auparavant, ou bien celles animant les poupées. Oui, j’ai bien dit LES poupées, étant donné que Chucky s’offre ici une compagne aussi déjantée et démoniaque que lui. Promettant aux spectateurs deux fois plus de délire ! Sans compter que l’ensemble s’enchaîne avec une très grande fluidité, faisant passer un agréable moment question divertissement horrifique. Vous l’aurez compris, La Fiancée de Chucky se présente comme l’épisode ayant relancé une saga en perte de vitesse. Et, qui plus est, lui a permis de se faire connaître auprès d’un tout autre public, désormais friand du personnage emblématique du scénariste Don Mancini. Malheureusement, j’ai beau reconnaître tout cela, je n’adhère pas à ce film. Ou du moins, j’ai bien du mal. La faute revenant principalement à ce virage dans la comédie noire qui, pour moi, dénature complètement ce personnage que j’appréciais. Premièrement, le voir jeté au second plan au profit d’un tout nouveau protagoniste (sa fiancée Tiffany), pas aussi charismatique que lui, est un sacré coup. Rien que pour le doublage : si Jennifer Tilly s’en sort assez bien dans son rôle, elle ne parvient pas à rivaliser avec Brad Dourif, toujours aussi excellent. Et comme ce dernier n’est plus aussi présent, je n’ai pas pu apprécier à nouveau sa prestance, pourtant pilier central de la série. Après, l’autre défaut provient du fait que je n’ai pas retrouvé le psychopathe dans toute sa splendeur. Alors qu’il était jouissif de voir une poupée tuer des gens avec délectation et un soupçon de danger, il se retrouve ici en tant que gros beauf vulgaire et parfois débile. Devant un film Chucky, je m’intéresse aux meurtres et autres machinations de son esprit machiavélique. Je me fiche royalement, pour ne pas dire « me retrouve embarrassé », de voir que des poupées peuvent coucher ensemble. Qu’elles peuvent vivre une scène de ménage. Que Chucky puisse avoir des moments sentimentaux, pas forcément crédibles. Non, je trouve que cela ridiculise un maximum le personnage, lui faisant perdre tout l’aura qu’il avait depuis Jeu d’enfant. D’accord, je veux bien comprendre que l’on puisse aimer ce long-métrage. Surtout que je suis souvent l’un des premiers à prôner le renouveau dans une franchise, comme c’est le cas avec La Fiancée de Chucky. Mais pour moi, ça sera un non pour cette comédie horrifique certes réalisée avec savoir-faire. Cependant, en perdant le protagoniste éponyme et en le dénaturant, la saga perd son plus grand atout et donc de son intérêt. Je ne me suis pas ennuyé, mais je ne me suis pas spécialement amusé non plus. Et encore, je n’ai pas encore vu Le Fils de Chucky qui, d’après bon nombre de personnes, emmènerait Chucky dans les tréfonds du navet horrifique.

13 Hours

Mardi 23/08/2016
Michael Bay sait se montrer simple et se contrôler

Voir Michael Bay revenir à un cinéma inspiré de faits réels, cela peut faire peur (surtout vu le sujet de ce 13 Hours). D’une part, nous pouvons avoir une adaptation ultra libre pouvant donner un trip halluciné et délirant (No Pain No Gain), ou bien un film hautement patriotique qui déforme la vérité pour prôner l’excellence et la puissance des Américains (Pearl Harbor). Aux vues des diverses bandes-annonces, il est évident qu’avec ce nouveau long-métrage, Bay pouvait plus sombrer dans la seconde catégorie, livrant un film balourd et bourrin qui n’aurait pas fait honneur au thème qu’il traite. Mais alors que chez l’oncle Sam, ils sont plutôt friands de ce genre de spectacle, 13 Hours s’est plutôt viandé au niveau du box-office (budget à peine remboursé sur le sol américain, auxquels s’ajoutent seulement 2 millions de dollars à l’international). Que s’est-il passé ? C’est ce que nous allons voir ! Est- à cause du scénario ? Il est vrai que sur le papier, 13 Hours n’a rien à nous mettre sous la dent. D’accord, il retrace les événements du 11 septembre 2012, date à laquelle une mission diplomatique américaine et une base de la CIA à Benghazi, Lybie, furent attaquées par des assaillants surarmés. Mais il ne propose rien d’autre. Juste une reconstitution de ces 13 heures fatidiques ainsi qu’un (trop long) prologue afin de planter le décor. Qui, en plus de cela, nous balance des personnages à la figure sans que l’on prenne le temps de s’attacher à eux, ce qui nuit toute implication de la part du spectateur dans l’histoire. D’autant plus que la narration de l’ensemble est plus que chaotique, enchaînant ellipses brutales et séquences parallèles qui font perdre toute lisibilité et compréhension de l’intrigue. Mais finalement, je ne pense pas que ce soit la faute au script, étant donné que le réalisateur a déjà su attirer avec bien pire niveau écriture. La faute au contenu alors ? Je ne crois pas non plus. Car si 13 Hours n’a pas de scénario à proprement dit, il est toutefois un véritable défouloir ! En effet, pendant une bonne majorité de son visionnage, le film nous livre une tonne de fusillades, d’explosions, de courses-poursuites… de séquences d’action plus que généreuses quasiment non-stop avec un savoir-faire indéniable, et même mieux maîtrisées que Transformers et consorts. Juste ce qu’il faut d’adrénaline et de spectaculaire pour nous tenir en haleine et justifier l’achat de notre billet. Michael Bay est critiqué de toute part pour son cinéma. Et parfois, difficile de blâmer les critiques qui s’attaquent à ce cinéaste. Mais franchement, quoi que l’on dise sur ses films et sa manière de mener un tournage, il faut admettre qu’il sait y faire d’un point de vue technique pour livrer de la bonne action (ce qui explique pourquoi je considère sa filmographie comme un plaisir coupable pleinement assumé). 13 Hours en a à revendre, ce n’est donc pas par là que le film s’est crashé au box-office américain. Le premier indice provient avant toute chose du casting. Et pour cause, pour la première fois de sa carrière, Michael Bay fait appel à des comédiens amateurs (peu connus, pour être exact). Oui, il peut se vanter d’avoir à son actif Will Smih, Bruce Willis, Ben Affleck, Scarlett Johansson, Shia LaBeouf, Mark Wahlberg, Dwayne Johnson… Et avec 13 Hours, il fait appel à John Krasinski (The Office), James Badge Dale (24h Chrono), Max Martini, Pablo Schreiber (Orange Is the New Black)… bref, des comédiens habitués aux séries et/ou aux seconds rôles qui se retrouvent propulser en pleine action, se donnant à fond pour tout ce qui est physique, mais n’ayant pas vraiment l’occasion de se démarquer question jeu. Ne possédant pas le charisme nécessaire ou bien de matière scénaristique pour faire vivre pleinement leur personnage respectif, auquel il est donc difficile de s’attacher. C’est donc à cause d’un manque de têtes d’affiche que 13 Hours n’a pas spécialement marché auprès du public (américain). Mais c’est surtout par son résultat final que Michael Bay n’a pas réussi à attirer. Car contrairement à Pearl Harbor, 13 Hours est une reconstitution. Et non une sorte de glorification faussée de l’armée américaine, de la puissance des États-Unis, ce qui fait que personne n’a véritablement adhéré chez l’oncle Sam (et ce malgré les éternelles notions de sacrifice, de patriotisme et de drapeaux étoilés au ralenti). En voulant montrer la vérité (bien que romancée) sur un échec de l’histoire américaine, Bay a balancé inconsciemment son film dans le mur commercialement parlant. Incitant la production à sortir son long-métrage dans la plus grande indifférence (qui avait entendu parler de ce film au moment de sa sortie, franchement ?). Un fait qui confirme la mentalité du public américain, mais aussi le fait que Michael Bay ne fait pas que du cinéma débile. D’accord, celui-ci est testostéroné à souhait. Mais vu le sujet de celui-ci, le cinéaste a su freiner dans ses délires patriotiques pour offrir du cinéma simple, efficace et généreux. Qu’il sait manier ce qu’il a entre ses mains, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens (No Pain No Gain le prouvait déjà !). Tout cela pour dire quoi ? Que Michael Bay peut faire quelque chose de bien au risque de ne jamais être reconnu comme il faut. Il est vrai que 13 Hours n’est pas un film exceptionnel (pas de scénario, une narration bâclée et des comédiens inexistants). Mais même avec d’énormes défauts, il parvient à proposer un long-métrage techniquement réussi et qui n’ennuie aucunement, sans pour autant prendre le spectateur pour un parfait abruti. Et il est vraiment dommage que cela ne soit pas remarqué par un public qui semble le fuir quand le bonhomme livre quelque chose qui vaille le coup. Mais en attendant de voir ce que le réalisateur nous réserve question projets personnels, il va falloir passer par un Transformers 5 qui, là, ramassera moult dollars et confirmera pour certains le statut de réalisateur débile que Bay se traîne depuis bien longtemps.

Chucky 3

Mardi 23/08/2016
A trois, on fait du surplace

Avide de continuer l’aventure lucrative (comme s’es étonnant !), la production annonça la mise en chantier d’un troisième opus bien avant que La Poupée de Sang ne sorte en salles. Allant jusqu’à mettre la pression au scénariste Don Mancini pour qu’il leur livre un script en un rien de temps. Une commande « express » qui n’augure forcément rien de bon pour ce Chucky 3, sorti seulement neuf mois après son aîné et qui est encore aujourd’hui considéré comme le moins bon volet de la franchise initiée avec Jeu d’enfant. Après l’avoir vu, je peux comprendre que ce long-métrage ne soit pas apprécié. Mais honnêtement, j’ai vu bien pire, surtout dans le cinéma horrifique ! Il est vrai que Chucky 3 ne soit pas un film folichon, notamment d’un point de vue scénaristique. Car cela se voit que Mancini était à cours d’idée pour ce nouvel opus (avec le peu de temps qu’il avait eu pour l’écrire aussi…). Après, il faut voir les choses en face : le film précédent n’était pas fameux non plus, ne faisant que reprendre la continuité du long-métrage originel. Et bien ici, c’est exactement la même chose ! Par le plus pur des hasards, notre chère poupée Chucky est « remise sur pieds », ce qui la ressuscite, et part une nouvelle fois à la recherche d’Andy pour s’approprier son corps et redevenir humain. Bon, il est vrai que l’histoire propose quelques nuances pour emmener l’ensemble vers d’autres directions, comme le fait que Chucky doit finalement viser une autre victime plutôt qu’Andy, mais cela n’apporte strictement rien si ce n’est faire tourner une saga en boucle. Surtout si ce n’est que pour enchaîner les séquences sans réelle imagination et des personnages tous clichés au possible. Donc oui, je veux bien comprendre que de ce côté-là, Chucky 3 déçoivent les adeptes de la série. Mais j’avoue ne pas avoir boudé mon plaisir pendant le visionnage de ce film. Oui, le tout peut paraître bêta au possible. Cependant, je trouve que le long-métrage s’en fiche royalement et poursuit sur sa lancée dans l’idée de divertir, et rien de plus. Et surtout, comparé aux films précédents, il semble bien plus assumer son postulat : celui d’avoir une poupée tueuse, ce qui est complètement invraisemblable. Du coup, il ne faut pas s’étonner d’avoir des séquences et des personnages parfois allumés, comme ce « coiffeur de l’armée » ou encore ce simili sergent Hartman pour jeunot qui fera rire (ou criser, selon les gens). Tout cela pour dire que l’ambiance de ce Chucky 3 s’en retrouve beaucoup plus relâchée que précédemment, ce qui peut sauver les meubles face à un script totalement débile et des comédiens pas crédibles pour un sou (leur surjeu peut toutefois être normal pour le coup). Et puis, sur le plan technique, la saga ne faiblit pas. Par là, il faut comprendre que tout ce qui entoure la poupée Chucky est, une fois de plus, superbement réalisé. Que ce soit les divers effets spéciaux pour lui donner vie ou encore les effets de mise en scène (hors champs, gros plan…) permettant cela. Ou encore l’indétrônable interprétation de Brad Dourif dans le rôle du psychopathe, l’acteur s’amusant toujours comme un petit fou et jouant de sa voix pour rendre son personnage aussi jouissif qu’inquiétant. Un travail qui vaut le coup, faisant oublier une mise en scène surfaite et impersonnelle. La poupée est décidément le pilier central de la franchise et ce film, le sachant, use cet atout sans chercher à se fouler, il est vrai. Mais quelque part, c’est ce qu’on attend d’un opus Chucky, n’est-ce pas ? Donc oui, ce Chucky 3 n’invente rien et fait faire du surplace à la saga, juste histoire de satisfaire les producteurs, désireux d’exploiter le filon jusqu’à plus soif. Mais nous sommes encore au stade où la poupée se suffit toujours à elle-même pour assurer le divertissement. Pour que ce petit film horrifique puisse au moins se regarder sans déplaisir. Son visionnage ne sera pas impérissable, certes, et vous l’oublierez bien vite. Cependant, à côté d’autres œuvres du même acabit, il vaut mieux ce Chucky 3 que bien des navets indigestes et vomitifs.

Peter et Elliot le dragon (le film)

Lundi 22/08/2016
Un grand merci à David Lowery et son équipe pour c

Cela aurait très bien pu faire un running gag, mais à force de renier les reprises live signées Disney (bon aller, pour le plaisir : Alice au Pays des Merveilles, Maléfique et Cendrillon), j’ai bien peur que cela devienne lourd malgré tout le mal que j’en pense. Et même si Le Livre de la Jungle made in Jon Favreau m’a agréablement surpris (avec malheureusement Alice de l’autre côté du miroir entre temps…), il n’est plus besoin de parler de cette folie des grandeurs qui anime le fameux studio aux grandes oreilles, lui faisant perdre conscience qu’il urine ouvertement sur son patrimoine. Tout cela pour dire que je n’attendais franchement rien de ce remake de Peter et Elliott le Dragon, d’autant plus que celui-ci ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable lors de son visionnage. Et puis la première bande-annonce est tombée, me faisant découvrir un film à tendance spielbergienne et me donnant bigrement envie. Et au final, je suis ressorti de la salle avec l’impression d’avoir vu l’un de mes films préférés de cette année, c’est pour dire ! La première chose à m’avoir interpellé dans cette version, c’est d’avoir quasiment laissé carte blanche au réalisateur David Lowery. Un inconnu du grand public qui n’a qu’à son actif Les Amants du Texas, un film totalement aux antipodes de Disney. Un bonhomme qui n’a donc jamais fait de blockbuster et qui se retrouve à la tête de l’un d’entre eux, aussi bien à la réalisation qu’au scénario. Un fait rare, soit dit en passant ! Et franchement, vu le résultat, les studios Disney ont fait le bon choix. Car David Lowery livre un véritable remake. Le genre à ne reprendre l’essentiel (l’amitié entre l’enfant et le dragon) pour livrer une histoire différente de l’originale, racontée d’une autre manière mais sans en perdre l’essence principal. Ayant compris cela, le réalisateur montre à quel point il est conscient de ce qu’il fait. Qu’il n’est pas un yes man lambda devant se plier aux exigences d’une production hollywoodienne. Et qu’il sait quoi faire avec ce qu’il a dans les mains. Et ce qu’il accomplit avec ce Peter et Elliott le Dragon version 2016, c’est un exercice d’une simplicité plus que bienvenue. Celle qui permet la réalisation d’une superbe histoire avec peu de budget (65 millions de dollars, ce qui est largement en-dessous de ce que Disney dépense en général) car là n’est pas le plus important. Au lieu de s’abandonner à un déluge d’effets numériques baveux qui auraient nui à l’œuvre, David Lowery opte pour un tournage sans artifice, en pleine nature. Au lieu d’user d’une musique symphonique à outrance pour surjouer les émotions, le compositeur Daniel Hart préfère quelque chose de plus soft avec des intonations country (pour coller aux paysages). Au lieu de livrer de l’action à gogo, Lowery et son équipe se concentrent plutôt sur l’histoire, la relation des personnages afin de nous fournir une œuvre pleine d’humanité. En bref, avec Peter et Elliott le Dragon, le cinéaste nous offre quelque chose de sincère, et le fait avec beaucoup de savoir-faire. D’une part, le bonhomme dirige ses comédiens comme il se doit, chacun respirant justement cette sincérité et nous touchant au plus haut point. De l’autre, il filme son histoire en alternant des plans d’une beauté visuelle ahurissante (Elliott s’envolant au-delà des nuages) et d’autres, plus intimistes. Le tout en passant par des effets de mise en scène poignants (la façon dont est filmé l’accident de voiture au début du film étonne par sa violence émotionnelle, le pouvoir du hors-champs et les bruitages), quelques éléments scénaristiques qui ont pour but de critiquer (la déforestation et notre non respect de la nature, principalement) sans que cela vampirise l’histoire principale. Il nous offre sur un plateau d’argent une œuvre qui transpire énormément de poésie et de magie pour nous émouvoir, nous faire rire et même faire verser une petite larme, à l’instar d’un certain E.T. (et je peux vous dire que la comparaison n’est vraiment pas anodine). Mais personnellement, je dois noter une petite ombre au tableau qui empêche le film d’être à la hauteur de celui de Steven Spielberg. Et je pense que cela est dû à l’implication de Disney dans le projet car, si Lowery avait carte blanche, il ne pouvait tout de même pas faire oublier qu’il était au service du studio, adepte des bons sentiments et du happy end. Du coup, il se laisse par moment aller à des plans un chouïa « niaiseux » (gros plans sur les personnages avec zooms, avec une musique évocatrice en fond), ce qui gâche un peu l’ensemble, lui faisant perdre un peu de sa magie et de sa sincérité (qu’il rattrape aussitôt par la suite, fort heureusement). Un grand merci à David Lowery, à son équipe et à la production de leur avoir accorder bien des libertés de nous avoir offert une œuvre qui réveille notre âme enfant dans son plus simple appareil. D’avoir fait un film sobre mais non moins prenant et sincère dans un monde fade et tellement prise de tête. De nous rappeler que le cinéma est quelque chose qui titille nos émotions, nous fait vivre via l’image et l’ambiance une histoire, tout en parvenant à surligner comme il se doit ses moments les plus forts. Et surtout, un grand bravo d’avoir prouvé qu’un remake pouvait être meilleur que l’original quand on sait dans quelle direction l’amener. En espérant juste que Disney ne poursuive pas sa logique commerciale des suites, car Peter et Elliott le Dragon n’en a vraiment l’utilité ! Tout bon rêve à malheureusement une fin, mais reste inoubliable s'il marque les esprits par les émotions qu'il transmet.

Peter et Elliott le dragon

Lundi 22/08/2016
J'ai toujours voulu le voir... et j'en ressors ind

Depuis que j’avais vu la publicité sur les diverses VHS des dessins animés Disney, je voulais le voir, ce Peter et Elliott le Dragon. Et puis, n’ayant jamais vraiment eu l’occasion de le regarder et les années défilant à une vitesse folle, je suis arrivé en cette année 2016 sans l’avoir à mon palmarès. Il aura fallu la folie des grandeurs du studio à vouloir tout ressortir et la sortie d’un remake pour que je me décide enfin à me lancer dans l’aventure… pour en ressortir très vite avec l’impression d’avoir perdu quelque chose en cours de route. Mon esprit d’enfant ? Mon temps ? Je ne savais quoi répondre bien avant que j’analyse le tout et que je me retrouve face au remake de David Lowery. À l’époque, le procédé d’un personnage animé évoluant au milieu de vrais décors et d’acteurs en chair et en os m’avait émerveillé. Et c’était les extraits de ce Peter et Elliott le Dragon qui me l’avait fait découvert. Mais avant que je le voie, je suis passé par d’autres films, bien plus connus et qui ont su s’améliorer visuellement : Mary Poppins, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Space Jam, Les Looney Tunes passent à l’action… Voir le long-métrage de Don Chaffey après tout cela fait pâle figure. Et on ne peut même pas parler d’année de sortie et de technologie améliorée, étant donné que Mary Poppins est plus vieux de 13 ans. Car je trouve que l’animation de ce film (ne touchant que le fameux dragon) n’est pas vraiment exceptionnelle. Il faut dire aussi que celui-ci veut faire au plus simple, afin de parler d’amitié et de famille. N’usant pas d’un nombre d’artifices inutiles. Mais dans cette histoire où le surjeu, l’excentricité et la bonne humeur sont rois, cela paraît bien terne, pour ne pas dire vide. Dommage, car Elliott, version « gentille » de Madame Mim (Merlin l’Enchanteur), est un personnage plutôt attachant. Dommage aussi que, niveau structure narrative, Peter et Elliott le Dragon parte un peu dans tous les sens. Si l’on comprend d’emblée les enjeux du film– ce petit garçon, ami avec un dragon qui ne veut que son bonheur, fuyant une mauvaise famille pour tomber sur une autre, bien meilleure –, on a tout de même du mal à voir où tout cela veux nous mener. La faute provient du fait que malgré son intrigue principale, le long-métrage n’a pas grand chose à raconter. Et pour cela, il bouche ses trous scénaristiques avec des chansons (Disney oblige) anecdotiques et des séquences excentriques en veux-tu en voilà. Du coup, l’ensemble n’a pas la magie ni la poésie qu’il aurait dû avoir et passe plutôt pour un gloubi-boulga sympathique pour faire passer le temps aux plus jeunes, qui ne seront pas aussi exigeants (quoique que de nos jours…). Car, il faut bien le reconnaître, Peter et Elliott le Dragon a ce qu’il faut pour faire passer un agréable moment en famille. Il y a bien entendu des personnages hauts en couleurs que nous devons au surjeu amusé des comédiens et au côté too much des films de cette époque question émotions (la palme revenant à Mickey Rooney et surtout Jim Dale en Dr. Terminus). Mais aussi cette amitié simple et touchante entre l’enfant et le dragon qui saura toucher. Sans oublier quelques séquences assez bien menées, qui sauront faire rire (toutes celles où sont mis en avant les Gogan, le Dr. Terminus et son assistant Hoagy) ou bien donner un peu de peps, de tension à l’ensemble (la capture d’Elliott, l’arrivée en pleine tempête du bateau de Paul…). Vraiment, il y a dans ce film matière à ce que son visionnage se fasse sans déplaisir, pour petits et grands. Cependant, je ne garderai que l’image d’un film sans ampleur ni génie. Juste un petit divertissement destiné aux plus jeunes, ni plus ni moins. Qui n’arrive nullement à la cheville de Mary Poppins ni même de L’apprenti sorcière. Est-ce alors parce que j’ai perdu mon esprit d’enfant que je n’ai pas apprécié ce film pour ce qu’il était ? Pour tout vous dire, je le croyais vraiment… jusqu’à ce que je vois le remake qui, lui, ne m’a pas mis en doute et prouvé que Peter et Elliott le Dragon version 1977 n’avait pas toutes les cartes en mains pour plaire pleinement.

S.O.S. Fantômes (2016)

Lundi 22/08/2016
Les fans boys ne défendent rien, ils créent des fa

Les fans avaient crié au scandale en voyant la nouvelle tenue du RoboCop de José Padilha, poussant la production à revoir leur copie et boycottant le sens artistique du réalisateur pour le sortir dans l’indifférence la plus totale. Alors que le film, bien qu’il soit inférieur à l’original et de loin, se présentait comme un divertissement de bonne facture. Ensuite, ce fut le rachat de Lucasfilm par Disney et de l’annonce de Star Wars VII qui avait déchaîné les gens, pour se présenter au final comme l’un des meilleurs opus de la franchise (pour la majorité d’entre eux). Bref, les fan boys sont devenus les pires ennemis des blockbusters actuels, ayant le pouvoir via les réseaux sociaux de faire peur aux productions au point de les inciter à reprendre le projet pour les calmer, donnant à la fin quelque chose qui ne fonctionne pas du tout (il suffit de voir ce qui se passe actuellement avec la Warner et sa tentative de monter la Justice League). La dernière victime en date : le reboot de Ghostbusters, haï par des millions de fans juste parce que les acteurs originaux sont remplacés par des femmes. Mais attendez ! Le film n’est même pas sorti ! Attendez de voir ce qu’il vaut avant de le renier de la sorte car vous aurez bien l’air bêtes s’il était de bonne qualité ! Que dis-je ? Vous êtes bêtes car ce S.O.S. Fantômes est bien, tout simplement ! Oui, je sais que je vais m’attirer des foudres en disant cela, mais je le clame haut et fort : ce long-métrage est un très bon divertissement, qui n’a rien à envier à son modèle de base. Il en est même respectueux au possible, reprenant ce qui en faisait un petit délire devenu culte au fil des années. Si les plus réfractaires pensaient avoir un produit prônant le féminisme à outrance au point de parasiter cet univers qu’ils apprécient tant, qu’ils se rassurent : ce Ghostbusters n’est pas de ce calibre. Car le réalisateur Paul Feig n’est pas un activiste. C’est juste un réalisateur ayant un style qui lui est propre : celui de mettre en avant des femmes. Point ! Bien entendu, il s’en amuse un peu dans ce film en prenant un homme comme secrétaire ou bien l’entrejambe d’un fantôme comme étant son point faible. Mais mis à part cela, que les personnages principaux soient féminins ou masculins ne changent rien au fait que nous avons affaire à un film Ghostbusters. Un divertissement livrant des protagonistes toujours aussi excentriques et attachants, des effets spéciaux kitsch, un humour bon enfant et parfois absurde, de l’exagération dans certaines émotions et plans… Le premier opus était comme cela, et ce reboot l’est aussi ! Après, il est vrai que l’on peut trouver certains défauts à cette version 2016. À commencer par cet aspect trop respectueux envers l’œuvre originale, qui a poussé le réalisateur et son équipe à en reprendre certaines scènes à quelques nuances près (le fantôme de la bibliothécaire remplacé par celle d’une baronne psychopathe dans un manoir hanté, la première chasse dans l’hôtel prenant cette fois-ci place en plein concert…) et à inviter des caméos complètement gratuits et inutiles (la palme revenant à Dan Aykroyd et Sigourney Weaver). Sans compter que niveau musical, le film reste une fois de plus piégé par la chanson de Ray Parker Jr., ne pouvant proposer autre chose digne de ce nom (la simili reprise faite ici par le groupe Fall Out Boy fait de la peine…). Et puis, il y a également certaines lourdeurs dans certaines répliques et gags, mais cela va avec l’humour américain actuel. D’autant plus qu’il faudrait rappeler que le premier opus se permettait également des situations de cet acabit, comme celle où le personnage d’Aykroyd rêvait qu’un fantôme lui faisait une fellation. Donc encore une fois, rien de blasphématoire dans ce reboot ! Le premier avait aussi des défauts, et sa forte sympathie et le plaisir qu’il procurait lors de son visionnage faisait tout oublier. Ici, c’est exactement la même chose ! Nous avons donc ce respect déjà cité pour l’opus initial, cet humour généreux… Mais également une équipe d’actrices du tonnerre qui s’éclatent comme des folles, transmettant leur bonne humeur sans aucune gêne. Une mise en scène certes impersonnelle mais diablement efficace. Un montage superbement rythmé qui n’ennuie aucunement, enchaînant comme il se doit moments drôles, d’adrénaline et même un chouïa angoissant. En clair, tout ce qu’il faut pour amuser la galerie sans prise de tête. Si vous n’adhérez pas, c’est que vous êtes vraiment difficiles ou bien encore emprisonnés dans votre énervante manière d’agir en tant que fan boys. En tout cas, je me suis personnellement amusé. Et même grandement ! Bien plus que la majorité des blockbusters de cet été 2016 que j’ai pour l’instant vu (Independence Day 2, Suicide Squad, Le BGG…). Au point d’en demander une suite avec la même équipe, c’est pour dire ! Mais à cause de tout cette débâcle engendrée par des gens qui n’ont pas l’intelligence de donner une chance à un film qu’ils n’ont même pas encore vu, ce Ghostbusters 2016 est un flop commercial (en même temps, la production est allée loin avec son budget de 144 millions de dollars…). Pas sûr donc que celle-ci se lance dans une nouvelle franchise comme il était convenu, n’étant pas sûre que le public sera au rendez-vous. Et c’est fort dommage car le film de Paul Feig mérite que l’on s’y attarde. Car autant de générosité et d’efficacité de nos jours, dans un cinéma hollywoodien voilé par des studios ne pensant qu’au profit et des fanatiques criant au scandale à la moindre occasion, c’est rare. Vraiment très rare !

Jason Bourne

Samedi 20/08/2016
Jason Bourne est bel et bien de retour !

Voulant réparer sa débâcle orchestrée avec le quatrième opus/spin-off qu’était Jason Bourne : l’Héritage et en attendant une suite, il faut bien le dire, pas spécialement attendue, Universal a voulu corriger le tir. Pour cela, malgré ses ambitions, le studio a accepté le retour de Matt Damon dans le rôle-titre ainsi que celui de Paul Greengrass (La Mort et La Vengeance dans la Peau) derrière la caméra. Histoire de satisfaire les fans, de revenir aux racines de la franchise pour assurer son but lucratif et de continuer la franchise sur une bonne lancée. Et nous, en tant que spectateurs, nous ne pouvons qu’apprécier ce juste retour des choses ! Car même si l’entreprise sent le commercial à plein nez, nous ne pouvons que nous réjouir de pouvoir plonger à nouveau dans ce qui se présente encore comme l’une des meilleures sagas d’espionnage/action (la trilogie initiale est vraiment fabuleuse !). Encore fallait-il que le projet puisse tenir ses promesses. Vous allez voir que, même avec le minimum syndical, ce Jason Bourne vaut à son tour diablement le coup en cet été 2016 plus que décevant. Si je parle de minimum syndical, c’est que Paul Greengrass et son équipe ne se sont pas spécialement foulés pour nous mettre sur pieds ce cinquième épisode, ne le cachons pas ! C’est d’ailleurs là que provient le gros défaut de ce film. En effet, au lieu de chercher à innover, Jason Bourne reprend sans vergogne le squelette narratif de ses aînés. Ce qui inclut une ou plusieurs courses-poursuites endiablées, un face-à-face avec un autre tueur aussi expérimenté, des séquences dits de piège que Jason Bourne retourne toujours à son avantage (ayant à chaque fois un coup d’avance), un personnage idéaliste tentant de connaître la vérité sur le héros et par la même occasion de le disculper, un autre voulant à tout prix le faire tomber pour sauver sa place et sa vision du monde… bref, on voyage clairement en terrain connu, ce qui peut provoquer au cours du visionnage une certaine monotonie. D’autant plus qu’ici, le passé de Bourne n’a le droit qu’à un petit « bonus » pour justifier son retour au profit d’une histoire parallèle bien plus intéressante (sur l’espionnage et la communication), afin d’ancrer le personnage dans notre époque (ajoutant en prime de cela un passage de manifestation en Grèce pour parler de la situation du pays et de la crise dans le monde). Mais franchement, même avec ce défaut, le spectacle est grandement garanti ! Car avoir à la réalisation le nom de Paul Greengrass, cela assure déjà pas mal de qualité. Et c’est le cas ! Après le film paresseux et invraisemblable de Tony Gilroy, on retrouve ici la nervosité pure et dure du géniteur de Vol 93 et Capitaine Phillips qui avait fait le charme des deuxième et troisième opus. Ce montage de visu anarchique et pourtant si minutieux rendant haletant la moindre séquence de parlote (comme quand l’action se déroule dans une salle de contrôle de la CIA, alors que des personnes ne font que chercher des informations sur des écrans d’ordinateur), transfigurant la moindre montée d’action, répond à nouveau présent. Les scènes d’action sont menées tambour battant et se révèlent même extrêmement spectaculaires pour la plupart, que ce soit la course-poursuite en pleine manifestation (on se croirait en plein apocalypse) ou bien celle à Las Vegas (presque aussi démente que l’excellent passage à Moscou de La Mort dans la Peau). En clair, on retrouve l’incroyable rythme de la trilogie, son panache, son efficacité. Et du coup, nous ne pouvons que passer un agréable moment devant ce divertissement d’action réalisé avec un très grand savoir-faire. Et quel plaisir de retrouver ce cher Matt Damon, qui confirme être Jason Bourne à jamais ! Si le comédien a pris de la bouteille depuis La Mémoire dans la Peau (14 ans, déjà…), il se donne toujours à fond dans ce rôle, lui fait honneur en s’impliquant dans la majorité de ses cascades, et lui donne toute l’humanité à ce personnage semblable à un super-héros invulnérable. Il est vrai qu’à force, avoir un tel protagoniste peut lasser à la longue, le spectateur sachant que rien ne peut lui arriver (apparemment). Et justement, Greengrass et son équipe ont eu l’intelligence de mettre en avant de nouveaux personnages sans faire de l’ombre à leur héros. Pour cela, ils ont choisi d’excellents comédiens qui ne font que confirmer leur talent (Tommy Lee Jones), leur aura à juste titre (Alicia Vikander) et leur réussite à s’approprier bien des rôles (Vincent Cassel). Matt Damon est superbement entouré, lui-même fait le taff comme il se doit… Que demander de plus, franchement ? Certes, ne le cachons pas : la trilogie initiale passe une fois encore devant. Mais ce Jason Bourne vaut également le détour, à défaut de renouveler la franchise. Film d’action spectaculaire, techniquement maîtrisé et proposant du haut de gamme dans un Hollywood qui ne se contente que de tape-à-l’œil pour plus cher et moins percutant, ce cinquième opus rempli avec aisance son cahier des charges et permet à la saga de renouer avec le succès. Cette dernière devrait d’ailleurs connaître d’autres suites. Et honnêtement, si Matt Damon et Paul Greengrass sont toujours de la partie, je ne demande que cela ! À condition bien évidemment qu’ils amènent le tout vers d’autres horizons, histoire d’innover un peu. Sinon, pas sûr que le public suive de près une série qui ne fera que se répéter à l’usure.
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